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Doigt en maillet (Mallet Finger) : comprendre la lésion et son traitement

Le doigt en maillet, ou Mallet Finger, est une rupture du tendon extenseur au niveau de son insertion sur la dernière phalange.

Cette lésion, fréquente dans le sport mais aussi dans la vie quotidienne, prive le patient de l’extension active de l’extrémité du doigt, déformant le doigt et lui donnant un aspect de maillet.

La blessure peut sembler mineure, mais son traitement demande une rigueur absolue pour éviter une déformation permanente.

Qu’est-ce qu’un doigt en maillet ?

L’atteinte concerne le tendon extenseur au niveau de la bandelette terminal.

Elle peut parfois s’accompagner d’un petit arrachement osseux.

Lorsque ce tendon rompt, la phalange distale bascule en flexion et ne peut plus se redresser.

Le patient décrit souvent “un claquement” ou un mouvement brusque suivi d’un doigt qui ne se tend plus.

L’examinateur, lui, peut étendre passivement la phalange, ce qui distingue cette lésion d’une atteinte articulaire plus complexe.

Selon qu’il s’agisse d’une rupture tendineuse pure ou d’un fragment osseux arraché, la stratégie de traitement reste similaire dans la majorité des cas.

Mécanisme le plus fréquent

Le mallet finger survient habituellement après un choc sur un doigt en extension : ballon, geste brusque au sport, doigt accroché.

Mais il suffit parfois d’un mécanisme banal : une serviette, un drap ou même un vêtement attrapant le bout du doigt.

Autrement dit, tous les doigts en maillet ne sont pas “des blessures de sportifs”.

Établir le diagnostic

Le diagnostic est clinique : la dernière phalange du doigt fléchi, douloureux parfois et impossible à tendre activement.

Une radiographie complète l’évaluation pour vérifier qu’il n’existe ni subluxation, ni fragment osseux majeur.

Dans la plupart des cas, il n’y a pas besoin d’autres examens.

Le traitement : une immobilisation stricte

L’essentiel du traitement tient en une phrase : le doigt ne doit pas fléchir.

La cicatrisation du tendon nécessite une immobilisation continue en extension.

Cette immobilisation est réalisée avec une orthèse sur mesure, fine, adaptée à la morphologie du patient, collée et sécurisée pour éviter toute flexion accidentelle.

Durée

La durée varie selon la nature de la lésion, mais une immobilisation continue de huit semaines est la règle.
Ce temps peut sembler long.

Il n’est pourtant pas négociable : une flexion involontaire, même très brève, interrompt la cicatrisation et fait perdre plusieurs semaines de traitement.

Après l’immobilisation continue

Une fois les huit semaines réalisées, le tendon a cicatrisé mais reste fragile.
Une orthèse nocturne est donc maintenue pendant 4 semaines supplémentaires, afin d’éviter une récidive liée aux mouvements pendant le sommeil.

Reprendre les mouvements sans compromettre la réparation

La flexion ne doit pas être reprise brutalement.

D’abord l’articulation IPP et MCP, puis seulement ensuite l’articulation IPD.

Le but est d’éviter que les fléchisseurs, beaucoup plus puissants que l’extenseur, ne fasse récidiver la lésion.
Selon les situations, un accompagnement par un kinésithérapeute spécialisé de la main peut être utile pour guider la reprise.

Erreurs fréquentes… et évitables

La principale cause d’échec du traitement n’est pas la gravité de la lésion mais la perte involontaire d’extension pendant l’immobilisation.

Retirer l’attelle pour “aérer la peau”, la remettre légèrement de travers, la mouiller, ou simplement l’oublier quelques minutes peut suffire à compromettre le résultat.

Une surveillance régulière de la peau et une adaptation de l’orthèse en cas d’inconfort sont importantes pour maintenir la continuité du traitement.

Et la chirurgie ?

La chirurgie reste l’exception.

Elle est envisagée lorsqu’un fragment osseux important déplace l’articulation, lorsqu’une subluxation est visible, ou si la déformation persiste malgré un traitement mené correctement.

Ces situations sont minoritaires.

Evolution et résultat final

Même traité correctement, un mallet finger peut laisser une petite perte d’extension terminale de quelques degrés.

Il s’agit généralement d’une séquelle sans impact fonctionnel, largement compensée par les autres articulations du doigt.

La récupération complète demande souvent plusieurs mois, même si l’amélioration fonctionnelle est rapide.

Quand consulter ?

Toute impossibilité brutale de tendre le bout du doigt mérite un avis spécialisé.

Au Pôle Main Poignet Bordeaux Mérignac, nous recevons les patients en soins non programmés, avec un accès direct aux chirurgiens de la main et aux orthésistes formés à ce type de lésion.

Une prise en charge précoce simplifie nettement le traitement.